NOS OBJECTIFS
I - Un travail sur la peur et la confiance en soi
Lors de ses sorties en mer, la personne découvre que la peur est un sentiment commun à tous. Le courage n’est de fait certainement pas l’absence de peur mais bien la maîtrise de celle-ci : Continuer à naviguer dans une météo difficile ou regagner le port par exemple. Alors que la personne peut être en lutte avec un malaise intérieur, la prise de responsabilités dans les manœuvres peut lui permettre de se décentrer de cette émotion, de la combattre et de la dépasser. Le navigateur pourra prendre confiance en lui par des victoires répétées sur ses appréhensions. Il nous semble que ces victoires sont constructives d’un point de vue narcissique. La mémoire qualitative de cette gestion des émotions sera, selon nous, transférable pour la personne dans d’autres combats imposés par la vie.
Naviguer demande des efforts et un travail sur soi certes. Mais surmonter l’ensemble des problématiques imposées par la voile engendre une forme de transcendance personnelle qui peut rendre la navigation à la fois ludique et valorisante. Pratiquer ce sport particulier procure du plaisir, en tirer des éléments permettant de se construire rend l’ensemble encore plus pertinent.Ainsi la pratique de la voile peut permettre à l’individu de restaurer son image, de s’entrevoir autrement. 
II . Valorisation de la personne et de ses potentialités.
La navigation sur un voilier nous semble un vecteur important de valorisation pour celui ou celle qui en fait l’expérience. Sur un bateau, les rôles sont répartis : à la poupe ou à la proue, à bâbord ou à tribord… Les membres d’équipage contribuent, de leur place et avec leur expérience, à ce que le voyage se déroule bien, à ce que l’on arrive à bon port. C’est à la barre que se décide l’orientation du navire, dans la mesure où elle permet d’actionner le gouvernail, les autres postes n’ont pas moins d’importance pour autant. Régler les voiles, définir la route sur une carte ou confectionner le repas sont également essentiels. Chacun est utile et l’action de chacun a une incidence sur le comportement du voilier. Le retour de nos actions est direct et visuel. La vie en institution ou la vie en général ne proposent pas toujours un tel renvoi, positif et immédiat, sur les actions que nous posons ou les autres mouvements que nous engageons.
La navigation pousse la personne à sortir de sa « zone de confort » et permet avec ses équipiers de surmonter des épreuves pour réussir à garder le cap. En rentrant au port, le navigateur éprouve un sentiment de fierté et de satisfaction personnelle d’avoir vécu cette expérience intense et d’avoir fait émerger ses potentialités.
Cet empirisme marin nous apparaît là aussi comme transposable dans la vie de la personne. Cette dernière peut alors s’en saisir et en faire une force , un atout supplémentaire.
III - Permettre à la personne de faire une escale dans son parcours
Comme nous l’appréhendons dans nos pratiques professionnelles, les personnes accompagnées peuvent vivre un parcours chaotique qui peut expliquer pour partie leurs problématiques, leurs passages à l’acte. Ceci peut être dû à des environnements perturbants, voire pathogènes (famille, amis, groupes de paires). D’autres peuvent subir des situations de handicap plus ou moins invalidantes. Il nous apparaît opportun sur une période plus ou moins longue, ou sur des temps plus ponctuels, de proposer une parenthèse, d’effectuer une pause dans leurs parcours. Il s’agit donc bien de faire une escale, non seulement avec les lieux et les personnes familières (internat, structure d’accueil, éducateurs, soignants, etc…) mais aussi des habitudes, des codes socio-culturels, voire des rituels spécifiques. Cette escale est favorisée par la dimension itinérante de ce voilier, l’éloignement d’avec la côte, la découverte d’un nouvel élément – la mer – et du mode de vie s’y rapportant.
La personne peut alors, l’espace d’une traversée, se voir faire différemment. Elle peut se penser autrement, loin des regards parfois enfermants de ses pairs, de sa famille ou de l’institution à laquelle elle est ‘amarrée’ .
